Rapport1er juin 202625 min de lecture
L’enseignement de la mer et du maritime en France
Rapport pour le Conseil d’État — Contribution de Deep Blue aux travaux du Conseil d’État sur la politique maritime de la France

Résumé
La production de ce rapport découle du constat d’un manque d’outil pour juger de l’efficacité des dispositifs de maritimisation de la culture nationale.
À l’intention générale de la « Section des études, de la prospective et de la coopération » ; à l’intention particulière de Monsieur Rémy Schwartz, Monsieur Fabien Raynaud et Madame Laurène François. La production de ce rapport a été motivée par la volonté du Conseil d’État, à la suite de l’audition de DeepBlue Foundation en Janvier 2026, d’apprécier une étude permettant de juger des dispositifs de maritimisation de la culture nationale. Nous voudrions remercier cette occasion et vous prie, Madame, Monsieur, de bien vouloir réceptionner notre production.
Auteur : Hugo Sannier, Responsable de la section Recherche chez DeepBlue Foundation.
REMERCIEMENTS
L’élaboration de ce rapport n’aurait pas été possible sans la générosité, la disponibilité et la souplesse de ses contributeurs. Nous souhaitons particulièrement remercier Pascal-Raphaël AMBROGI, Administrateur de l’Etat, Inspecteur général de l’Éducation, des Sports et de la Recherche de 1re classe, Haut fonctionnaire chargé de la langue française et de la Terminologie, Membre du Conseil Supérieur des Programmes, Capitaine de vaisseau (réserve opérationnelle) et Référent du réseau Formation Marine-Jeunesse (Direction du personnel de la Marine) ; Bertrand GORI, Capitaine de Frégate et Chargé des partenariats avec l’Éducation Nationale au Bureau École et Formation de la Marine Nationale ; Tristan LECOQ, Inspecteur général de l’Education nationale, Ancien professeur des universités associé (histoire contemporaine), Université Paris Sorbonne, Capitaine de vaisseau et Membre de la section Marine militaire à l’Académie de Marine ; François LAMBERT, Directeur général de l’École Nationale Supérieure Maritime ( ENSM ) et ancien Directeur de cabinet au Ministère de la Mer
SYNTHÈSE
La production de ce rapport découle du constat d’un manque d’outil pour juger de l’efficacité des dispositifs de maritimisation de la culture nationale. Il existe bien une tradition des rapports sur l’état de l’enseignement de la mer, celle-ci s’attache à faire l’inventaire des dispositifs qui ont été développés suite au constat répété de l’absence de la mer et de ses enjeux de l’éducation nationale, toutefois, en augmentant la cartographie de l’enseignement classique de deux autres : celle de l’enseignement du maritime en France et celle de l’éducation par la sensibilisation, nous souhaitons opérer vis-à-vis de cette tradition un double décalage. Justifié par le défaut de la logique qui revient à comprendre la maritimisation des programmes comme une maritimisation effective de la culture de élèves français, il nous semble nécessaire de comprendre le tout de l’enseignement comme excédant les limites de l’éducation nationale, surtout lorsque l’objet que l’on cherche à observer est aussi souple et labile que la mer et ses enjeux. Nous le soutenons, la pédagogie des formations spécialisées et la sensibilisation participent tout également de la maritimisation de culture nationale.
INTRODUCTION
Se prêter à l’exercice du rapport sur l’enseignement de la mer, c’est s’inscrire dans une continuité. La tradition de ces rapports naît en 1996 avec le rapport Legohérel, produit par l’Inspecteur général éponyme. Poursuivie par de nombreux Inspecteurs généraux après lui, cette tradition dispose d’un jalon notable, le discours prononcé à l’Académie de Marine le 18 octobre 2021 par un autre Inspecteur général de l’éducation nationale, Tristan Lecoq1 . Il semble important de porter notre attention, avant tout autre chose, aux démarches des rapports antérieurs, nous pourrons ensuite mieux apprécier l’originalité que nous voulons développer. Le rapport Legohérel a été produit après une période d’observation de trois ans ( 1993-1996 ), l’idée la plus largement soutenue peut être dite en ces mots : la mer, les littoraux et le patrimoine maritime français, s’inscrivent dans des initiatives éducatives localisées et il n’existe ni dispositif ni point de programme qui en fasse explicitement mention. Autrement dit, il n’y a « pas d’intégration de la « donnée maritime » dans l’enseignement, pas de culture générale de la mer, pas de vision du monde où la mer aurait sa place ». La dissection de l’éducation nationale par Legohérel est sous-tendue par une catégorie : l’équilibre de la balance entre la terre et la mer. De manière disciplinaire, l’Inspecteur général émet un certain nombre de propositions qui participeraient, par des études de cas, à la mise en valeurs des « entrées maritimes » dans les programmes. Dans ce rapport, la mer est une surface, sur laquelle la géographie et l’histoire devraient se présenter aux élèves ; ceci traduit, à propos de la mer, une compréhension massivement spatiale. L’idée de la mer comme monde, qui, dans l’imaginaire collectif, attesterait d’une « culture marine » positive, n’existe pas encore. Le premier rapport sur l’enseignement de la mer a donc été l’occasion du constat de son absence, des premières propositions pour y remédier, mais également le reflet de la manière dont on concevait, il y a 30 ans, la mer.
« Où en sommes-nous 25 ans après ? », telle est la question centrale du discours de T. Lecoq. Ce discours rétrospectif prend le rapport Legohérel comme une borne temporelle pour constater ce qui a été jusqu’alors mis en place. Alors que le rapport Legohérel était essentiellement justifié par une tension, la France est la seconde puissance maritime au monde, pourtant la mer n’est pas enseignée, la positivé du ton du « discours Lecoq » découle d’une corrélation entre la « trajectoire maritime du monde » et la présence effective de la mer dans l’enseignement. Autrement dit, puisque la mer est un présent d’actualité, elle s’enseigne. Et de fait, « la mer constitue désormais une dimension de nos enseignements : nous avons mis du sel dans les programmes ». Encore, « une histoire et une géographie de la mer à l’Ecole s’est fermement constituée à partir des paradigmes que sont les grands moments et les grands enjeux de notre histoire maritime, le développement durable, la mondialisation sous tous ses aspects, les territoires, leurs acteurs, leurs enjeux et leurs conflits ». Ainsi, « Enseigner la mer, c’est concevoir et enseigner une dimension d’ensemble, qui permette de tracer une ligne de mer, comme une ligne de vie, dans, par et pour toutes les matières de l’Ecole de la République ». Pour se prêter à la qualification, disons que la continué entre le rapport Legohérel et le « discours Lecoq » est performative, c’est-à-dire opérante en terme de réformes. « Du collège aux classes de terminale des lycées et aux classes préparatoires, la dimension maritime n’a jamais été aussi présente dans les programmes qu’à la suite de leur reconstruction des années 2008 à 2019, et de leur mise en œuvre depuis. Pour marquer cette évolution sans précédent, pour passer de l’implicite à l’explicite, la première question enseignée en géographie des classes de terminale, à compter de la rentrée 2020, s’intitule « Mers et océans. Au cœur de la mondialisation ». Les enseignements dits « de spécialité », en 1ère et en terminale, mettent dans le même temps l’accent sur la dimension historique, géographique, géopolitique et environnementale de l’étude des espaces maritimes ». La dimension maritime de nos enseignements se trouve à l’articulation des trois éléments caractéristiques de notre système éducatif : les programmes, les épreuves et la formation des enseignants. Remarquons la manière dont les questions à partir desquelles les différents travaux antérieurs cherchent l’absence : « Quelle est la place de la mer et des questions maritimes dans l’enseignement en France ? Comment la mer est-elle présentée aux jeunes Français ? Que savent-ils d’elle et des grands problèmes maritimes de notre pays à leur sortie du système éducatif ? ».
Compte tenu des acquis des rapports précédents, la « maritimisation de l’éducation française » va de soi, mais est-il vraiment possible de produire un discours de second ordre à propos de l’éducation, qui jugerait de l’efficacité des dispositifs et des étapes de cette « maritimisation » ? Considérer que c’est en effet possible revient à admettre la logique suivante : infuser la mer dans les programmes revient à toucher l’ensemble des élèves français. En d’autres termes, on comprend « on a mis du sel dans les programmes » comme « on a mis du sel dans l’esprit des élèves français ». Bien qu’aucun instrument de mesure ou dispositif ne peut à ce jour mettre de limite à cette logique, constatons que son mécanisme tend à prendre les moyens ( on a maritimisé les programmes ) pour la finalité ( on a maritimisé les esprits ). Il semble toutefois qu’il y a une distance incompressible entre les programmes et le tout de l’enseignement, la réalité de l’éducation nationale ne repose-telle pas, comme le disait T. Lecoq, sur le trio programmes-pédagogie-formation ? Mais à l’inverse, est-il même possible de se croire capable d’un décentrement de l’attention aux programmes vers une attention à la présence effective de la mer dans le monde vivant pour les élèves ? Le périmètre d’un rapport ne le permet certainement pas. En revanche, nous croyons qu’une autre logique, plus thématique, pourrait être l’occasion d’une approche parallèle.
Reprenons de plus haut les choses, nous l’avons dit, produire un rapport sur l’état de l’enseignement de la mer revient à s’inscrire dans la continuité d’un type de rapport, qui plus est performative, dans le sens où l’application des propositions antérieures est désormais effective. Toutefois, si le « discours Lecoq » était original de faire aboutir le rapport Legohérel, nous voulons croire en la pertinence d’une acception plus transversale de l’enseignement. L’originalité de l’approche de notre rapport se situe à la croisée de deux paradigmes. D’abord la cartographique, parce qu’il est essentiel de répondre au besoin d’un état des lieux par une investigation des programmes, dispositifs, pédagogies et ressources complémentaires ; ensuite la volonté d’entendre l’enseignement de manière plus large que l’éducation, parce que nous tenons à apprécier plus directement que dans les deux autres rapports la maritimisation de la culture. Contre le manque d’outil pour juger de l’efficacité de la « maritimisation des esprits », nous proposons un rapprochement sémantique, qui lie éducation et sensibilisation, pour ne plus seulement s’intéresser à ce que l’éducation a de maritime, mais essayer aussi d’approcher la manière dont les enjeux maritimes vivent pour les élèves.
Il est d’usage de distinguer « mer » et « maritime ». L’adjectif « maritime » désignerait la formation spécifique aux métiers de la mer et contiendrait également les questions de souveraineté, de stratégie et de défense. Le substantif « mer » quand à lui, serait un hyperonyme embrassant toute la diversité restante de ce qui est « marin », ou ce qui a rapport à la maritimité. Le substantif « mer », parce qu’il contient une diversité plus large, semble plus adaptée pour mettre au jour les enjeux. Nous exploiterons cette distinction pour structurer le corps de notre rapport. Une première cartographie dite « classique » ( programmes, pédagogie, ressources et dispositifs ) occupera donc un premier grand moment ( A ). Une seconde, qui s’intéressera plus directement aux formations professionnalisantes, cherchera à montrer que même lorsque l’emploi devient la finalité de l’éducation à la mer, la culture de la maritimité des esprits n’est pas nécessairement mise à l’écart ( B ). Enfin, nous nous mettrons face à la particularité de la démarche de notre rapport afin d’en évaluer les conséquences, c’est-à-dire inscrire la sensibilisation comme une démarche pédagogique ( C ).
Il convient avant d’entrer dans la matière cartographique, de montrer les rapports entre les différents acteurs de la maritimisation de l’éducation nationale.
Acteur particulier : la Marine Nationale : Leur lien avec l’éducation nationale découle d’un Protocole signé en 2017 deux points : développer le fait maritime et de défense ( classes enjeux maritimes / classes de défense : attaché à une unité militaire ( donc aussi de la marine ) et l’insertion professionnelle. Le BCN ( Bureau de la cohésion nationale ) pilote plusieurs programmes directement intégrés au parcours scolaire, dont parmi les plus notables « les dispositifs jeunesses ».
CARTOGRAPHIE
A / ENSEIGNER LA MER
Nous l’avons dit plus haut, faire un état des lieux de l’enseignement de la mer et de ses enjeux c’est d’abord et avant tout obéir à une logique compilatoire. La cartographie s’impose, et sa structure aussi : on s’intéressera donc à l’enseignement de la mer et de ses enjeux dans l’éducation nationale à même le trio programme-pédagogie-formation. Remarquons que la maritimisation de l’éducation nationale se constate plus directement dans les programmes et les ressources que dans la formation des enseignants. Étant entendu que la formation initiale est, pour l’essentiel, la charge de l’INSPE (Instituts Nationaux de Formation des Enseignants), elle est plutôt dans le domaine de l'enseignement supérieur qu’entre les mains du ministère de l'Éducation nationale, en revanche, la formation continue des enseignants, une fois recrutés, relève bien du domaine de l'éducation nationale.
1 / LA MARITIMISATION DES PROGRAMMES
Opérer à une cartographie de l’enseignement de la mer revient d’abord et avant tout à faire état de la maritimisation des programmes, telle qu’elle s’est faite et continue de se faire depuis le début des années 2010. De fait, la « maritimité » infuse dans les programmes grâce à plusieurs élans qu’il nous semble cohérent de détailler, avant de rentrer concrètement dans la matière des programmes scolaires. Nous la décomposerons selon trois niveaux, d’abord le Collège, ensuite le Lycée, enfin l’enseignement supérieur. La maritimisation progressive des programmes se fait depuis le début des années 2010. Autrement dit, ce sont des choses qui sont maintenant assez solidement ancrées.
Remarque
Nous avons choisi de ne pas nous intéresser aux programmes du primaire, nous justifierons plus précisément l’intérêt de cette décision avec notre dernière partie. L’éducation à la mer et à ses enjeux relève à ce niveau relève bien plus largement que pour le secondaire des dispositifs de sensibilisation.
i / Cartographie des programmes du Collège
| CLASSE DE SIXIÈME | ||
|---|---|---|
| Ressource majoritaire : Programme d’enseignement cycle 3, cf. Annexe 2 | ||
| Discipline / Thème | Contenus de l'enseignement | Enjeux et Objectifs |
| Géographie : Habiter les littoraux | Étude des littoraux industrialo-portuaires et touristiques. Analyse de la manière dont les humains vivent, travaillent et aménagent ces zones côtières. | Comprendre la concentration de la population mondiale sur les côtes et la variété des aménagements. Sensibiliser à la protection de la faune et de la flore littorale et aux problèmes environnementaux liés aux aménagements. |
| Sciences et Technologie : La matière | Recherche d'informations sur la durée de décomposition des matériaux (plastiques, métaux, etc.) dans la nature. Mesure des températures de changement d'état (notamment de l'eau). | Connaître les conséquences des déchets sur l'environnement marin. Identifier les différents états physiques de l'eau dans la nature. |
| Sciences et Technologie : L'énergie | Étude des ressources en énergie (eau, vent, etc.) et distinction entre énergies renouvelables et non renouvelables. | Caractériser les conséquences de l'utilisation des ressources sur l'environnement (émissions de gaz à effet de serre). |
| Sciences et Technologie : Le vivant et la biodiversité | Classification des êtres vivants (groupes emboîtés, parentés). Comparaison entre deux écosystèmes : aquatique et terrestre. Étude des grandes crises biologiques. | Établir des liens entre un milieu de vie et son peuplement. Suivre les changements de peuplement selon les paramètres physiques et biologiques (température, nourriture). |
| Sciences et Technologie : La Terre et le climat | Étude du réchauffement climatique récent à partir de données (températures, fonte des glaciers). Analyse de l'évolution de la teneur en gaz à effet de serre liée aux activités humaines. | Décrire les conséquences du réchauffement sur le peuplement des milieux. Citer des stratégies d’atténuation ou d’adaptation. |
| Langues Vivantes (LVER) | Repères géographiques et culturels des régions étudiées. Spécificités liées à la biodiversité des pays concernés. | Intégrer les enjeux du développement durable dans l'apprentissage linguistique. |
| Commentaires | L’enseignement de la mer en classe de sixième couvre plusieurs disciplines, c’est toutefois en géographie qu’elle est abordée le plus directement, grâce au thème « Habiter ». |
| CLASSE DE CINQUIÈME | ||
|---|---|---|
| Ressource majoritaire : Programme d’enseignement du cycle 4, cf. Annexe 3 | ||
| Discipline / Thème | Contenus de l'enseignement | Enjeux et Objectifs |
| Géographie : Le changement global et ses principaux effets | Étude de l'impact du réchauffement climatique sur les littoraux : montée des eaux et augmentation de la fréquence/intensité des cyclones. | Analyser la vulnérabilité des zones côtières et comprendre les stratégies de prévention des risques pour les populations. |
| Géographie : Des ressources limitées à gérer | Gestion des ressources en eau et en énergie. Le programme fait explicitement référence à l'ODD 14. | Sensibiliser à la nécessité d'une gestion durable des ressources maritimes et aquatiques. |
| SVT : La Terre, l'environnement et l'action humaine | Étude de la météorologie et de la dynamique des masses d'air et d'eau (vents et courants océaniques). Distinction entre météo et climat. | Comprendre le rôle des courants marins dans la régulation du climat mondial et l'influence des activités humaines sur ces équilibres. |
| SVT : Biodiversité et ressources | Exploitation des ressources naturelles par l’homme ( en l’occurence ici ressources halieutiques) . | Expliquer comment les activités humaines modifient l'organisation et le fonctionnement des écosystèmes marins. |
| Physique-Chimie : Organisation de la matière | Étude expérimentale des changements d'état (glaciers et banquise). Relation entre la variation de la masse volumique avec la température et l'élévation du niveau des mers. | Appréhender les transferts d'énergie et les causes physiques de la montée des océans liée au réchauffement climatique. |
| Physique-Chimie : Transformations chimiques | Analyse de l'impact environnemental des émissions de gaz à effet de serre et de l'acidification des océans. | Proposer des solutions de remédiation (énergies décarbonées, recyclage, captation du CO2). |
| Langues Vivantes (LVER) | Étude de la question environnementale (eau, pollution) et des spécificités climatiques et de la biodiversité des pays dont on étudie la langue. | Développer une conscience citoyenne écoresponsable à l'échelle mondiale à travers les énergies renouvelables et la préservation de la biosphère. |
| Commentaires | Comme en classe de sixième, c’est la géographie qui prend le plus directement en face la mer comme contenu de son enseignement. |
| CLASSE DE QUATRIÈME | ||
|---|---|---|
| Ressource majoritaire : Programme d’enseignement du cycle 4, cf. Annexe 3 | ||
| Discipline / Thème | Contenus de l'enseignement | Enjeux et Objectifs |
| Géographie : des espaces transformés par la mondialisation, Mers et Océans : un monde maritimisé | Étude des espaces majeurs de production et d'échanges. Analyse des grandes routes maritimes, des passages stratégiques (canaux de Suez et Panama, détroits de Malacca, Gibraltar, etc.) et des grands ports mondiaux (ZIP). | Comprendre la maritimisation de l'économie mondiale et l'importance des océans comme vecteurs essentiels de la mondialisation des échanges. |
| Histoire : Bourgeoisies marchandes, négoces et traites | Développement des grands ports de la façade atlantique (ex: Nantes, Bordeaux) et essor du commerce maritime international au XVIIIe siècle. Étude du système triangulaire des traites négrières. | Analyser comment l'économie de plantation et le commerce maritime ont enrichi les bourgeoisies marchandes européennes et transformé les espaces littoraux. |
| SVT : Climat et ressources | Étude de la dynamique des masses d’eau (courants océaniques) et leur lien avec les phénomènes météo. Exploitation des ressources halieutiques (pêche). | Expliquer les interactions entre océan et atmosphère. Sensibiliser à la gestion durable des ressources marines pour éviter la surexploitation. |
| Physique-Chimie : Matière et changement global | Expérimentation sur la variation de la masse volumique de l'eau avec la température. Étude de l'acidification des océans due à l'absorption du CO2 atmosphérique. | Comprendre physiquement les causes de l'élévation du niveau de la mer (dilatation thermique) et l'impact chimique de la pollution carbonée sur la biodiversité marine. |
| Langues Vivantes (LVER) | Abord de la protection de l'environnement, de la pollution plastique des océans et de la préservation de la biosphère marine dans les pays de la langue étudiée. | Développer un lexique spécifique lié à l'écologie marine et prendre conscience des enjeux environnementaux globaux à travers une perspective culturelle. |
| Commentaires | C’est en quatrième que l’histoire semble rejoindre la géographie en s’intéressant directement à la mer par ses flux. |
| CLASSE DE TROISIÈME | ||
|---|---|---|
| Ressource majoritaire : Programme d’enseignement du cycle 4, cf. Annexe 3 | ||
| Discipline / Thème | Contenus de l'enseignement | Enjeux et Objectifs |
| Géographie : La France et l'UE dans le monde | Étude de la présence française mondiale via les DROM-COM. Analyse de la Zone Économique Exclusive (ZEE) française, la deuxième plus vaste au monde | Comprendre la puissance maritime de la France et les enjeux de souveraineté, d'exploitation et de protection de ses immenses espaces maritimes. |
| SVT : Planète Terre, environnement et action humaine | Étude de la dynamique des masses d’eau et courants océaniques) et des phénomènes climatiques. Analyse de l'exploitation des ressources halieutiques | Expliquer l'influence des activités humaines sur le climat (gaz à effet de serre) et les conséquences sur la répartition des êtres vivants et le fonctionnement des écosystèmes. |
| Physique-Chimie : Organisation et transformations | Relation entre la variation de la masse volumique de l'eau avec la température et l'élévation du niveau moyen des océans. Étude de l'acidification des océans liée aux transformations chimiques du CO2. | Appréhender physiquement les causes du changement global. Proposer des solutions de limitation : énergies décarbonées, recyclage et captation du dioxyde de carbone. |
| Langues Vivantes (LVER) : École et société | Discussion sur la place de l'environnement (eau, pollution, traitement des déchets) et la consommation responsable dans les pays de la langue étudiée. | Sensibiliser aux spécificités climatiques et à la biodiversité mondiale (réserves de biosphères) pour former un citoyen écoresponsable |
| Histoire-Géographie (Transversal) | Étude des réseaux de production et d’échanges mondialisés en lien avec l'économie. | Analyser comment les flux maritimes structurent l'espace mondial et les relations entre les États. |
| Commentaires | L'accent est mis sur la responsabilité humaine face aux transformations globales (acidification, montée des eaux) et sur la dimension géopolitique de la mer pour la France et sa ZEE. Les élèves doivent être capables d'articuler les connaissances scientifiques sur les courants et les ressources marines avec les enjeux économiques et environnementaux mondiaux. |
ii / Cartographie des programmes du Lycée
| CLASSE DE SECONDE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE | ||
|---|---|---|
| Ressource majoritaire : programme d’histoire-géo de seconde générale et technologique ( BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019, p.13 ), Annexe 4. | ||
| Discipline / Thème | Contenus de l'enseignement | Enjeux et Objectifs |
| Géographie : Sociétés et environnements : des équilibres fragiles | Étude des sociétés face aux risques et gestion des ressources majeures (eau, énergie) pour analyser la fragilité des milieux maritimes. Analyse de la surexploitation des ressources halieutiques et de la pollution marine. | Comprendre la vulnérabilité des sociétés et des littoraux face au changement global. Étudier des cas concrets comme la fragilité de l'Arctique ou la protection des océans dans une optique de développement durable. |
| Géographie : Des mobilités généralisées | Étude de la mer Méditerranée en tant que bassin migratoire majeur. | Analyser les enjeux géopolitiques et humains liés aux traversées maritimes et aux flux de population. |
| SVT : Biodiversité, résultat et étape de l'évolution | Étude des échelles de la biodiversité (génétique, espèces, écosystèmes). Utilisation de l'océan comme exemple pour illustrer les écosystèmes et l'impact humain (acidification, blanchissement des coraux). | Expliquer comment les activités humaines provoquent des modifications majeures de la biodiversité marine. Montrer que la biodiversité est dynamique et change au cours du temps (crises biologiques). |
| Langues Vivantes (LVER) : Sauver la planète, penser les futurs possibles | Thématiques liées à l'environnement, au développement durable et à la transition écologique dans les pays de la langue étudiée. | Contribuer à l'engagement de l'élève en tant que citoyen écoresponsable et citoyen du monde en abordant la protection de la biosphère et des milieux marins. |
| Physique-Chimie / Enseignement Scientifique | Bien que plus détaillé en terminale, l'enseignement aborde déjà les mécanismes de l'acidification des océans et de l'élévation du niveau moyen liés aux activités humaines. | Comprendre les modèles scientifiques prévoyant les incidences majeures sur les écosystèmes marins avant la fin du XXIe siècle. |
| CLASSE DE PREMIÈRE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE | ||
|---|---|---|
| Ressource majoritaire : programme d’histoire-géo de première générale et technologique ( BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019, p.14 ), Annexe 4bis. | ||
| Discipline / Thème | Contenus de l'enseignement | Enjeux et Objectifs |
| Géographie : Les espaces de production dans le monde | Étude de la littoralisation des espaces productifs et de l'accroissement des flux. Analyse des grandes façades maritimes (Asie-Pacifique, Northern Range) et des ports de dimension internationale comme Rotterdam . | Comprendre comment la mondialisation des processus de production s'appuie sur le transport maritime. Analyser les recompositions territoriales liées au déplacement des activités vers les littoraux (exemple de la Chine). |
| SVT (Spécialité) : Les écosystèmes et l'humanité | Étude des écosystèmes comme des équilibres dynamiques entre biotope et biocénose. Analyse de l'impact global de l'humanité : changement climatique, pollution des eaux et perte de biodiversité. | Identifier les services écosystémiques rendus par la mer (approvisionnement, régulation climatique, dépollution de l'eau, fixation du carbone) et la nécessité de leur gestion durable. |
| Langues Vivantes (Cycle Terminal) : Environnements en mutation | Réflexion sur les thématiques "Innovations scientifiques et responsabilité" ainsi que "Construire un avenir commun". | Sensibiliser l'élève à sa responsabilité de citoyen du monde face aux défis environnementaux et à la nécessité de protéger, conserver et améliorer la biosphère. |
| Histoire : Mondialisation et échanges | Bien que non détaillé dans les compléments, le document souligne le lien constant avec les réseaux de production et d'échanges mondialisés qui structurent l'histoire contemporaine. | Analyser l'évolution des puissances à travers leur capacité à maîtriser les routes maritimes et les flux commerciaux. |
| CLASSE DE TERMINALE ( TRONC COMMUN ) | ||
|---|---|---|
| Discipline / Thème | Contenus de l'enseignement | Enjeux et Objectifs |
| Géographie : Mers et océans : au cœur de la mondialisation | Étude des routes maritimes, des câbles sous-marins et des flux (hydrocarbures, conteneurs, données). Analyse de l'exploitation des ressources (pêche, minerais, énergies renouvelables). | Comprendre la maritimisation de l'économie. Aborder les tensions géopolitiques (appropriation des ZEE, piraterie, liberté de navigation) et la protection de l'environnement marin. |
| Enseignement Scientifique : Le climat du futur | Étude de l'élévation du niveau moyen des océans (pouvant atteindre 1m d'ici 2100) et de l'acidification des eaux liée aux émissions de CO2. | Comprendre les incidences majeures du réchauffement climatique sur les écosystèmes marins et les modèles de prévision scientifique. |
| SES : Quelle action publique pour l’environnement ? | Analyse de la croissance soutenable face aux limites écologiques (épuisement des ressources, pollution). Étude des négociations internationales et des stratégies de "passager clandestin". | Comprendre comment l'innovation peut aider à reculer les limites écologiques et identifier les rôles des différents acteurs (États, ONG, entreprises) dans la protection des biens communs mondiaux. |
| Langues Vivantes (LVER) : Innovations et responsabilité | Thématiques sur les "environnements en mutation" et la construction d'un "avenir commun". | Sensibiliser à la nécessité de protéger, conserver et améliorer la biosphère marine tout en développant une responsabilité citoyenne à l'échelle mondiale. |
| SPÉCIALITÉ HGGSP (Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques) | ||
|---|---|---|
| Ressource majoritaire : programme de la spécialité histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques en terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), Annexe 5. Notamment pp. 5-6. | ||
| Axe d'étude | Contenus de l'enseignement | Enjeux et Objectifs |
| THÈME : de nouveaux espaces de conquête, INTRODUCTION : Océan et espace | Mise en parallèle de l'océan et de l'espace comme "dernières frontières". Étude d'une connaissance et d'une maîtrise en constante évolution. | Identifier les spécificités de ces deux milieux et comprendre pourquoi ils sont au cœur des nouveaux enjeux de conquête. |
| Axe 1 : Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités | Analyse de la projection de puissance maritime : dissuasion nucléaire (sous-marins) et forces de projection (porte-avions). Étude de l'exploration des abysses et de l'océan comme espace de rivalités. | Comprendre comment les États affirment leur puissance à travers la maîtrise des mers. Analyser les enjeux géopolitiques de la conquête des fonds marins. |
| Axe 2 : Enjeux diplomatiques et coopérations | Étude de la gouvernance mondiale : de la création des ZEE (Convention de Montego Bay) à la gestion commune de la biodiversité (BBNJ). | Analyser les tensions et les coopérations internationales pour le partage, l'exploitation et la préservation des ressources marines. |
| Objet conclusif : La Chine | Étude de la stratégie chinoise : une volonté politique d’affirmation à la conquête des mers et des océans. | Mesurer les enjeux économiques et géopolitiques considérables de l'expansion maritime chinoise pour le reste du monde. |
| Commentaires | Ce programme place l'océan au cœur des rapports de force mondiaux. Contrairement aux approches plus descriptives des classes précédentes, la spécialité HGGSP insiste sur la dimension stratégique et politique : la mer est un outil de puissance, mais également un défipour la diplomatie internationale et le droit maritime (gouvernance des espaces hors juridiction nationale). |
iii / Les « Classes Enjeux Maritimes » ( CEM )
Lancé en 2022, le dispositif Classes Enjeux Maritimes (CEM), connaît un grand succès avec près de 300 classes actives aujourd'hui. Il permet aux professeurs de construire un projet pédagogique pluridisciplinaire sur l'année, soutenu par l'intervention d'experts et de marins, pour lier les programmes scolaires à la mer. Les CEM ne doivent pas être confondues avec les Classes de Défense, lesquelles sont directement parrainées par une unité de la Marine nationale et rattachées à un navire. Sur les plus de 1 000 classes de ce type en France (Hexagone, Outre-mer, étranger), environ 190 sont directement sous tutelle de la Marine. Leur caractéristique principale est de favoriser des échanges réguliers entre les élèves et l’équipage. Le tableau ci-dessous montre l’évolution du nombre d’établissement ayant au moins une CEM. Disons tout de suite que ce tableau ne prétend pas vouloir recenser l’ensemble des CEM en France, mais simplement dégager une tendance évolutive chiffrée de l’infusion de ce dispositif dans les établissements, de fait, cette tendance rejoindrait celle d’un tableau spécifique au nombre de classe.
| ÉVOLUTION DES CEM ( 2022 - Mars 2026 ) | ||||
|---|---|---|---|---|
| Année | Nombre d’établissements | Tendance évolutive | ||
| / | Actifs | En projet | Total | / |
| 2022 | 27 | / | 27 | / |
| 2023 | 53 | / | 53 | ( + 26 ) |
| 2024 | 108 | / | 108 | ( + 55 ) |
| 2025 | 158 | 47 | 205 | ( + 97 ) |
| Mars 2026 | 177 | 50 | 227 | ( + 22 ) |
iv / Dans l’enseignement supérieur
| TABLEAU DES INSTITUTIONS ET CHAIRES DIRECTEMENT IMPLIQUÉES DANS L’ENSENGEMENT DE LA MER | |||
|---|---|---|---|
| Institution Pilote | Chaire / Dispositif | Partenaires Associés | Thématiques & Objectifs |
| CESM (Centre d’études stratégiques de la Marine) | Interventions en Master & Grandes Écoles | Universités, HEC, Polytechnique, Sciences Po | Stratégie navale et économie bleue. (Contact privilégié : François Sechet) . |
| CESM | Chaire de Géopolitique de l’Océan | Sciences Po Paris | Intégration de la dimension maritime dans l'analyse des relations internationales. |
| CESM | Chaire d'Études sur la Guerre et la Stratégie | Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne | Expertise spécifique sur la stratégie navale et le droit de la mer dans un cadre interarmées. |
| CESM | Chaire Grands Enjeux Stratégiques Contemporains | Sorbonne Université | Diffusion de l’expertise maritime contemporaine auprès des étudiants en master et doctorat, thème 2026 : « Révolutions et changements en cours dans les affaires militaires » |
| CESM | Chaire d'Archéologie Sous-Marine | DRASSM (Ministère de la Culture) | Soutien logistique (moyens nautiques) et valorisation académique du patrimoine sous-marin. |
| CESM | Partenariats académiques | UCO (Université Catholique de l'Ouest) | Étude des questions d'éthique de la défense et du droit des conflits armés en mer. |
| École Navale | Chaire de Cyberdéfense des Systèmes Navals | Naval Group, Thales, Région Bretagne, Pôle d'Excellence Cyber | Étude de la résilience des navires de combat face aux cyberattaques. |
| École Navale | Chaire de Résilience et de Digitalisation | / | Exploration de l'impact des technologies sur la gestion des équipages et les opérations ( maintenance prédictive ). |
| École Navale | Chaire Énergie et Propulsion Navale | / | Décarbonation, efficacité énergétique des navires et nouvelles propulsions. |
| École Navale | Chaire de Leadership et d'Éthique | Bénéficiaires privés | Éthique maritime appliquée au monde de l’entreprise. |
| Intechmer (Cherbourg) | Institut spécialisé dans les techniques de la mer | / | Formation et recherche dans les domaines de la biologie, de la géologie marine et de la prospection. |
Ce panorama témoigne d’une intégration effective des enjeux maritimes dans l’enseignement supérieur français. Toutefois, cette dynamique de maritimisation des programmes ne doit pas masquer une fragilité persistante de l’enseignement supérieur français dans le domaine des études maritimes, en particulier dans les sciences humaines et sociales. Si plusieurs institutions, chaires et dispositifs participent aujourd’hui à la diffusion des enjeux maritimes auprès des étudiants, cette offre demeure largement spécialisée et souvent portée par des acteurs extérieurs à l’université publique généraliste. Et De fait, l’essentiel des structures identifiées relève soit d’écoles spécialisées, soit d’institutions liées à la défense, à l’ingénierie ou à des partenariats ciblés. Le CESM, l’École navale, l’ENSM, l’IUEM ou encore certaines grandes écoles d’ingénieurs jouent un rôle prépondérant dans la diffusion des enjeux maritimes contemporains, toutefois, ces dispositifs demeurent concentrés autour des questions stratégiques, techniques, opérationnelles ou environnementales, beaucoup plus rarement autour des sciences humaines, du droit, de la géopolitique, de l’économie maritime ou de la gouvernance des océans. Ce constat apparaît d’autant plus préoccupant que les enjeux maritimes contemporains nécessitent précisément une montée en puissance des compétences juridiques, diplomatiques et stratégiques. La France possède la deuxième Zone Économique Exclusive du monde, siège à l’Organisation Maritime Internationale (OMI), doit défendre ses intérêts souverains, ses armateurs, ses infrastructures portuaires et ses capacités d’influence dans un contexte de concurrence géopolitique croissante autour des mers et des océans. Cette situation suppose la formation de juristes spécialisés en droit maritime et droit de la mer, mais également d’experts capables d’articuler enjeux économiques, diplomatiques, environnementaux et stratégiques.
Plusieurs signaux récents témoignent au contraire d’un affaiblissement relatif de ces disciplines dans l’enseignement supérieur public. Dans le monde universitaire juridique parisien, le départ à la retraite du professeur Philippe Delebecque a laissé un vide important dans le champ du droit maritime. Plus largement, la structuration universitaire des études maritimes en sciences humaines demeure limitée et dispersée. Cette fragilité a trouvé une illustration particulièrement forte avec la fermeture du Centre de Droit Maritime et Océanique (CDMO) de Nantes Université, actée en février 2026. Créé en 1972, le CDMO constituait pourtant l’un des principaux laboratoires français spécialisés en droit maritime. Sa disparition, malgré la mobilisation du monde académique et maritime ainsi qu’une pétition réunissant plus de 1 500 signatures, a suscité une vive inquiétude parmi les chercheurs et professionnels du secteur. Au-delà du cas nantais, cette fermeture symbolise les difficultés rencontrées par les structures universitaires spécialisées sur les questions maritimes lorsqu’elles ne disposent pas d’une masse critique suffisante ou d’une reconnaissance institutionnelle durable.
Ainsi, alors même que la maritimisation des programmes scolaires progresse depuis plus d’une décennie, l’université publique française peine encore à structurer un véritable champ interdisciplinaire des études maritimes en sciences humaines et sociales. La montée en puissance des enjeux liés aux routes maritimes, à la souveraineté, aux ressources marines, aux conflits de juridiction, aux câbles sous-marins, à la transition énergétique ou à la gouvernance internationale des océans rend pourtant indispensable le renforcement de cet enseignement. La maritimisation de la culture nationale ne peut reposer uniquement sur les dimensions scientifiques, environnementales ou opérationnelles des enjeux maritimes ; elle suppose également la formation d’une nouvelle génération de juristes, diplomates, économistes, historiens, géographes et spécialistes des relations internationales capables de penser la mer comme un objet politique, et stratégique à part entière.
2 / LA FORMATION DES ENSEIGNANTS
Parce que la mer est présente dans les programmes, elle est aussi une pédagogie, par laquelle les professeurs enseignent. Condition sine qua non, programmes et pédagogie sont les deux faces d’une même pièce. Vous trouverez dans cette partie une tentative d’inventaire des dispositifs et ressources qui attestent du développement d’une « pédagogie de la mer ».
D’abord quelques mots de la formation initiale. Nous avons dit plus haut que la formation cette formation est essentiellement la charge de l’INSPE (Instituts Nationaux de Formation des Enseignants), relève donc bien plutôt de l'enseignement supérieur que du ministère de l'Éducation nationale. Toutefois, et sans vouloir nécessairement nous prêter à la conclusion, disons tout de même que la maritimisation des programmes impacte directement les ceux des concours de recrutement. Renvoyons par exemple au programme de l’agrégation d’histoire 2026, où l’océan est mention sept fois2 . La formation continue des enseignants, une fois recrutés, relève bien du domaine de l'éducation nationale. Pour approfondir leur connaissance, État, ministères et associations offrent une formation continue grâce à un certain nombre de dispositifs ressources et outils pédagogiques.
| LES ACTEURS DE LA FORMATION CONTINUE DES ENSEIGNANTS AUX ENJEUX MARITIMES | |||
|---|---|---|---|
| Catégorie d'acteur | Structure / Instance | Format de la formation | Missions pédagogiques & Thématiques maritimes |
| Structures internes de l'Éducation nationale (Cadre officiel de la formation, EDD, disciplines) | EAFC (Écoles Académiques de la Formation Continue) | Stages (Académie) | Conçoivent et déploient les modules de formation en présentiel (ex: littoraux, biodiversité marine). Elles remplacent les anciens PAF. |
| / | Plateforme M@gistère | En ligne (National) | Héberge des parcours d'auto-formation conçus avec des chercheurs (ex: changement climatique, acidification des océans, ressources halieutiques). |
| / | Inspecteurs (IA-IPR, IEN) | Journées de cadrage (Terrain/Académie) | Accompagnent les réformes de programmes (ex: géopolitique des mers au lycée) via des journées de formation pour les professeurs. |
| Partenariats institutionnels (Défense) | Les Trinômes académiques (Éducation nationale, IHEDN, Armées) | Instances de concertation et sessions de formation | La Marine participe activement à ces instances pour former les enseignants à l'éducation à la défense, en y intégrant les enjeux stratégiques et maritimes. |
| Partenaires scientifiques et associatifs (Expertise de terrain et agréments officiels) | Fondation Tara Océan | Webinaires, présentiel et accompagnement | Propose un pôle éducatif puissant lié à ses expéditions. Aide les enseignants à monter des projets scientifiques sur la base de données réelles. |
| / | OFB (Office Français de la Biodiversité) | Journées de formation technique et pédagogique | Forme les enseignants inscrits dans le projet des "Aires Marines Éducatives" (AME) à animer un conseil de la mer avec leurs élèves. |
| / | OCE (Office for Climate Education) | Formations et kits pédagogiques internationaux | Organisme sous l'égide de l'UNESCO basant ses ressources sur le GIEC. Forme au changement climatique avec un fort accent sur la machine océanique. |
3 / DISPOSITIFS ET RESSOURCES
Après une cartographie des programmes et de la formation continue des enseignants, nous proposons maintenant une autre cartographie. Se voulant double, cette anthologie veut revenir sur tous les dispositifs mis en place par l’ensemble des acteurs de la maritimisation de l’éducation nationale et les différentes ressources, assurant une continuité dans la formation continue des enseignants, mis à disposition de l’ensemble du corps professoral.`
`
| TABLEAU RÉCAPITULATIF DE L’ENSEMBLE DES DISPOSITIFS DÉPLOYÉES CES DERNIÈRES ANNEÉS | |||
|---|---|---|---|
| Dispositif / Initiative | Acteurs impliqués | Public Cible | Description & Objectifs |
| ’ BIMer (Brevet d initiation à la mer, cf. Annexe 7) | Inspection générale, Marine nationale, Direction des Affaires maritimes | Élèves (de la 3e aux classes préparatoires) | Valide une culture générale maritime et fait découvrir la diversité des réalités de la mer et de ses métiers. En forte croissance : de 2 209 candidats (2024) à plus de 2 800 (2025). |
| CAEIMer (Certificat ’ ’ d aptitude à l enseignement à la mer) | Inspection générale, Marine nationale, Direction des Affaires maritimes | Enseignants | Diplôme permettant aux professeurs d'acquérir les compétences nécessaires pour dispenser la formation du BIMer aux élèves. |
| L’Appel des Pôles ( cf. Annexe 8 ) | Éducation nationale, partenaires scientifiques et maritimes | Établissements scolaires (Primaire et Secondaire) | Campagne pédagogique nationale visant à sensibiliser les élèves aux enjeux environnementaux, climatiques et géopolitiques spécifiques aux milieux polaires et |
| Année de la Mer (2024-2025) | Gouvernement, Éducation nationale, acteurs de l'économie bleue | Milieu scolaire et grand public | océaniques. Grande dynamique nationale (en lien avec la Conférence des Nations Unies sur l'Océan à Nice en 2025) pour fédérer des projets pédagogiques et éveiller les consciences sur les enjeux maritimes. |
| 400 ans de la Marine ( cf. Annexe 9) | Marine nationale, Éducation nationale | Élèves et grand public | Commémoration historique (1625-2025) permettant de valoriser le patrimoine, l'histoire navale de la France et son rôle contemporain auprès des jeunes générations. |
|---|---|---|---|
| Plan Égalité des Chances / Cordées de la Réussite | Marine nationale (unités et grandes écoles comme l'École navale), Éducation nationale | Collégiens et lycéens | Dispositif de tutorat pour lutter contre l'autocensure dans l'orientation. Les jeunes sont accompagnés par des marins ou des étudiants pour élever leurs ambitions scolaires. |
| Cadets de la Défense | Ministère des Armées (unités de la Marine), Éducation nationale | Collégiens (généralement en classe de 3e) | Programme civique hors temps scolaire (souvent le mercredi après-midi). Les jeunes découvrent l'institution militaire, développent l'esprit d'équipe et s'initient à la culture de défense (et maritime). |
| Orientation : Plateforme Éduscol (Section Océan, formations et métiers) | Éducation nationale (DGESCO) | Élèves, enseignants, conseillers d'orientation | Ressources officielles centralisées pour informer sur la pluralité des filières de formation et des métiers liés à l'économie bleue et à la mer. |
REPRISE ET TABLEAUX SPÉCIFIQUES
Afin d’être plus précis, disons quelques mots de certains de ces dispositifs, pour lesquels nous disposons de données plus précises.
Initiative de l’Inspection générale, de la Marine nationale, de la direction des Affaires maritimes pour concevoir et construire un brevet d’initiation à la mer (BIMer) et un certificat d’aptitude à l’enseignement à la mer (CAEIMer) pour faire découvrir, aux élèves de l’ensemble du territoire national la diversité des réalités de la mer et de ses métiers. Destiné aux élèves de la 3e aux classes préparatoires, il valide une culture générale maritime. C'est un grand succès du bureau : il est passé de 2 209 candidats en 2024 à plus de 2 800 en 2025.3
| TABLEAU SPÉCIFIQUE CAEIMer : ÉVOLUTION CHIFFRÉE DE LA CERTIFICATION | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Année | Nombre d’inscrits | Nombre de présents | Nombre d’Académie mobilisée | Nombre d’admis | Taux de réussite |
| 2021 | 41 | / | / | / | / |
| 2022 | 234 | 195 | 19 | / | / |
| 2023 | 348 | 275 | 26 | 236 | 85,81 |
| 2024 | 275 | 241 | 25 | 157 | 65,15 |
| 2025 | 283 | 235 | 25 | 184 | 78,30 |
| TABLEAU SPÉCIFIQUE BIMer : ÉVOLUTION CHIFFRÉE DE LA CERTIFICATION | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Année | Nombre d’inscrits | Nombre de présents | Nombre d’Académie mobilisée | Nombre d’admis | Taux de réussite |
| 2021 | 219 | 141 | 3 | 118 | 83,7 |
| 2022 | 680 | 595 | 14 | 472 | 79,3 |
| 2023 | 1535 | 1410 | 20 | 1127 | 79,9 |
| 2024 | 2209 | 1983 | 24 | 1639 | 82,6 |
| 2025 | 2811 | / | 25 | / | / |
| ANTHOLOGIE DES DIFFÉRENTES RESSOURCES DISPONIBLES SUR LA PLATEFORME Éduscol | |||
|---|---|---|---|
| Nom de la ressource / Dispositif | Proposé par / Partenaire | Type de ressource pédagogique | Niveau ciblé |
| Sélection de ressources maritimes | Lumni Enseignement | Vidéos et dossiers interactifs sur l'espace maritime et ses enjeux économiques, politiques et environnementaux. | Tous niveaux |
| Dossier « L'année de la mer au Museum » | Museum national d'Histoire naturelle (MNHN) | Ressources à voir, lire et écouter, dossiers sur les principaux enjeux liés à l'Océan. | Tous niveaux |
| Livret pédagogique « Océans : comprendre et agir » | Agence française de développement (AFD) | Livret avec contenus synthétiques, études de cas (climat, biodiversité, pêche, pollution) et ressources complémentaires. | Cycle 4 au Lycée |
| La science de l'Océan | Fondation Tara Océan | Séquences pédagogiques, expériences scientifiques, fiches d'activités, échanges avec des chercheurs. | Cycle 3 au Lycée |
| Coulisses de Laboratoires | Fondation Tara Océan | Webdoc, interviews, et activités interactives pour découvrir les instruments des chercheurs. | 8 à 15 ans |
| Du Bateau au Labo | Fondation Tara Océan | Kits de données scientifiques issues des expéditions de la goélette Tara pour mener une démarche d'investigation en classe. | Fin de cycle 4 et Lycée |
| Plastique à la loupe | Fondation Tara Océan | Opération de sciences participatives : récolte et analyse d'échantillons de déchets plastiques pour la recherche. | Collège et Lycée |
| Les Dessous de l'Océan | Fondation Tara Océan | Vidéos courtes (3 min) et émissions de radio sur 10 enjeux clés (ODD), réalisées par des élèves. | Collège et Lycée |
| Le climat entre nos mains - Océan et Cryosphère | Office for Climate Education (OCE) | Guide pédagogique, documentation scientifique, animations multimédias, vidéos d'experts et outils de formation. | Enseignants et Élèves |
| L'Océan, ma planète... et moi ! | Fondation La main à la pâte | Projet pluridisciplinaire d'EDD (sciences, géographie, débats, expérimentations) sur les écosystèmes et le climat. | CM1, CM2, 6ème, 5ème |
|---|---|---|---|
| Mission Océan | Ifremer, Fondation Dassault Systèmes, réseau Canopé | Parcours numérique sur la plateforme Étincel (modélisation 3D, réalité virtuelle, simulations) en physique, SVT, maths. | Enseignement secondaire |
| Pass'Océan | Onisep | Livret interactif (inscrit dans l'application Folios ) pour faire le lien entre compétences scolaires, formations et métiers de la mer. | Secondaire |
| Faites entrer l'océan dans votre classe | Nausicaá | Ressources de sensibilisation à l'environnement marin et pistes d'actions pour les classes. | Public scolaire |
| Suivis de courses nautiques (La Course bleue, L'Écho des océans) | Navigateurs (Tom Laperche, Fabrice Amedeo) | Suivi d'une course (comme le Vendée Globe) au prisme de la préservation marine et de la transition énergétique. | Écoles et Collèges |
B / ENSEIGNER LE MARITIME
L’intérêt de notre cartographie réside en partie sur ce premier décalage vis-v-vis de la tradition des rapports antérieurs. Le ton que nous avons pris dans le premier moment de la cartographie découlait principalement des besoins de l’exercice, nous n’avons pas jugé de l’efficacité des dispositifs mis en place depuis une quinzaine d’année, faute d’outil d’évaluation. Afin de combler ce manque, nous proposerons plus tard l’idée d’un « Quiz national ». Si la tradition s’arrête aux limites de l’Éducation nationale, nous voulons l’augmenter par une cartographie des parcours et formations professionnalisantes. Nous le soutenons : même lorsque l’emploi devient la finalité de l’éducation à la mer, la culture de la maritimité des esprits n’est pas nécessairement mise à l’écart. En ce sens, quelques mots de François Lambert, directeur de l’ENSM, à propos de l’intérêt de cultiver un certain « esprit marin » chez les professionnels de la mer. « S’occuper d’appareil de navigation ne nécessite pas de posséder une culture de l’histoire maritime française, par contre, nous pensons que là où il y a un patrimoine, il y a un héritage. Nous essayons de développer des structures, à la suite de la signature de notre contrat d’objectif, qui solidifient notre attachement à ce patrimoine maritime ». Nous pensons que la maritimisation de l’enseignement ne se juge pas uniquement à la présence de la mer à l’éducation nationale, mais également à la manière dont les acteurs du mariâmes s’attachent à la cultiver dans la société. Autrement dit, ce changement d’approche, qui prend l’emploi comme paradigme de l’approche de la mer et de ses enjeux dans l’enseignement du maritime, sera également l’occasion de montrer que la maritimisation des l’enseignement est également une problématique à laquelle les instituts de formations aux métiers de la mer font face.
1 / LA MARITIMISATION PAR L’EXPÉRIENCE ET LES PASSERELLES
Enseigner la mer doit pouvoir également dire ouvrir une « voie de mer ». Cette perspective est très largement embarrassée par différents acteurs, notamment la Marine nationale, selon qu’elle ouvre des passerelles ( entre les bacs professionnels et les métiers de la Marine ) ou offre des sessions au sein de formations non maritimes, d’expérience en mer.
| ÉTUDE DE CAS : LE RÉSEAU DE PASSERELLES DE TOULON ET SA BANLIEUE | |||
|---|---|---|---|
| Établissement | Ville | Formations / Diplômes concernés | Dispositif "Marine" & Spécificités |
| Lycée Rouvière | Toulon | BTS : CIRA, Électrotechnique, CIEL, CPRP, Traitement des Matériaux | Partenariat PEM (Saint-Mandrier) : Statut d'apprenti militaire (rémunéré, hébergé, nourri). Les stages (PFMP) et la formation militaire s'effectuent au PEM. |
| Lycée Paul Langevin | La Seyne-sur-Mer | Bac Pro : MSPC (ex-MEI) | Culture et Immersion : 2 heures par semaine de "culture marine". Stages spécifiques à bord des bâtiments ou dans les ateliers de la base navale. |
| Lycée Georges Cisson | Toulon | Bac Pro : CIEL, MELEC Mention Complémentaire : Mécatronique Navale (post-bac) | Parcours technique : Voies fléchées vers les systèmes embarqués et l'énergie. Formation pour devenir technicien de maintenance sur les navires de guerre. |
| Lycée La Cordeille (Privé) | Ollioules | Dès la classe de seconde | Acculturation : Conventions avec le CIRFA. Visites de navires et stages facilités dans les unités de la Marine. |
| Lycée Bonaparte | Toulon | Enseignement général | Passerelle citoyenne : Jumelage avec le BPC Dixmude. Découverte de la géopolitique et des carrières d'officier via des échanges avec l'équipage. |
| DISPOSITIFS DE MARITIMISATION DE L’EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE DE LA MARINE NATIONALE | |||
|---|---|---|---|
| Catégorie | Filière d'origine / Cible | Passerelle / Métier dans la Marine | Description & Statut |
| Statut d'engagement | Tous les Bac Pros | École de Maistrance(Officier Marinier) | Cadre intermédiaire et technicien supérieur. Contrat : 10 ans. Formation : 4 mois + école de spécialité. |
| Statut d'engagement | Tous les Bac Pros | Quartier-Maître et Matelot (QMF) | Opérateur de terrain / technicien. Contrat : 2 à 6 ans. Formation : Quelques semaines d'école initiale. |
| Correspondance Métier | Maintenance, Électricité, Mécanique (MELEC, MSPC, Aéro...) | Mécanicien, Électrotechnicien, Tech. aéro, Atomicien | Entretien des moteurs, production électrique, maintenance des avions / hélicoptères, approche de la propulsion nucléaire. |
| Correspondance Métier | Numérique, Électronique, Télécoms (CIEL, SN...) | Spécialiste SIC, Détecteur | Gestion des réseaux informatiques, télécommunications par satellite, utilisation des radars et sonars. |
| Correspondance Métier | Administration, Logistique (AGOrA, Logistique...) | Assistant RH, Logisticien, Magasinier | Gestion de la solde, de l'administration de l'équipage, et des stocks (vivres, pièces de rechange). |
| Correspondance Métier | Hôtellerie, Restauration (Cuisine, CSR...) | Cuisinier, Gérant de collectivité | Préparation des repas pour l'équipage et gestion des cuisines, à terre comme en pleine mer. |
| Correspondance Métier | Sécurité, Prévention (Métiers de la sécurité) | Fusilier marin, Marin-pompier | Protection des bases et navires, lutte contre les incendies, secourisme opérationnel. |
| Immersion | Lycéens (dès 16 ans) | Préparation Militaire Marine (PMM) | Découverte de la Marine sans engagement. Format : ~10 week-ends + 1 semaine en base navale. |
| Immersion | Scolarité Bac Pro | Stages (PFMP) 32 | Périodes de formation en milieu professionnel obligatoires effectuées au sein d'une unité de la Marine. |
2 / LES « LYCÉES PROFESSIONNELS MARITIMES » (LPM)
Un réseau spécifique formation aux métiers de la mer est celui des Lycées Professionnels Maritimes (LPM). Ces institutions dépendent directement du ministère de la Mer et regroupent 12 établissements publics répartis sur l'ensemble du littoral français. Les perspectives professionnelles sont majoritairement les carrières du commerce, de la pêche, de la plaisance professionnelle et de l’aquaculture. Vous trouverez en Annexe le tableau des effectifs des différents LPM pour l’année universitaire 2025-2026 et un emploi du temps-type d’une classe, cf. Annexes 11 et 12.
| DÉTAIL DU RÉSEAU LPM | |||
|---|---|---|---|
| Façade Maritime (Axe principal) | Établissement (LPM) | Région | Spécialités & Caractéristiques |
| Manche - Mer du Nord (Commerce transmanche, pêche artisanale) | Boulogne-sur-Mer / Le Portel | Hauts-de-France | Transformation des produits de la mer et navigation. |
| / | Grand-Fort-Philippe | Hauts-de-France | Pêche et commerce. |
| Le Havre | Normandie | Très axé sur la marine marchande et la maintenance navale. | |
| Fécamp | Normandie | Connu pour ses formations en mécanique marine. | |
| Cherbourg-en-Cotentin | Normandie | Forme aux métiers de la conduite et de l'exploitation maritime. | |
| Atlantique - Bretagne (Pêche, commerce, cultures marines) | Saint-Malo | Bretagne | Établissement historique, très complet (pont, machine, cultures marines). |
| Paimpol | Bretagne | Réputé pour ses formations en électromécanique marine. | |
| Étel | Bretagne | Spécialisé notamment dans la sécurité et la conduite nautique. | |
| Nantes | Pays de la Loire | Couvre les métiers de la pêche et du commerce. |
| La Rochelle | Nouvelle-Aquitaine | Très dynamique sur la conchyliculture (huîtres/ moules) et la maintenance de plaisance. | |
|---|---|---|---|
| Gujan-Mestras | Nouvelle-Aquitaine | Situé sur le bassin d'Arcachon, expert en cultures marines. | |
| Méditerranée (Plaisance de luxe, yachting, ressources littorales) | Sète | Occitanie | Le principal centre de formation maritime du golfe du Lion. |
| / | Bastia | Corse | Répond aux besoins spécifiques de l'île : transport de passagers et pêche locale. |
3 / LA FORMATION AUX MÉTIERS DE LA MER
| LA FORMATION AUX MÉTIERS DE LA MER | |||
|---|---|---|---|
| Domaine / Secteur | Établissement / | Localisation | Spécificités & Débouchés |
| Formations spécialisées | Diplôme BTSM (Brevet de Technicien Supérieur Maritime) | Divers | PGEM : Pêche et gestion de l’environnement marin. MASEN : Maintenance des systèmes électro-navals. |
| Centres de formation | CFPAM (Centre de Formation Professionnelle aux Affaires Maritimes) | Divers | Formation professionnelle continue et parcours métiers de la mer. |
| Marine Marchande & Transport | ENSM (École Nationale Supérieure Maritime) | Le Havre, Marseille, Nantes, Saint-Malo | Formation des officiers de la marine marchande (filières pont et machine). |
| Marine Nationale | L'École Navale | Lanvéoc-Poulmic | Formation des officiers de marine (recrutement sur concours après classe préparatoire ou sur titre). |
| Marine Nationale | L'École de Maistrance | Brest, Saint-Mandrier | Formation pour devenir officier marinier (sous-officier). |
| Ingénierie & Construction Navale | ENSTA Bretagne | Brest | Grande école d'ingénieurs spécialisée en architecture navale et hydrographie. |
| Ingénierie & Énergies Marines | Centrale Nantes | Nantes | Reconnue mondialement pour son expertise en génie océanique et Énergies Marines Renouvelables (EMR). |
| Ingénierie & Technologies | ISEN Yncréa | Brest, Toulon | Spécialisée dans l'électronique et les technologies numériques appliquées au milieu marin. |
| Ingénierie & Sciences Marines | SeaTech | Toulon | École d'ingénieurs tournée vers les sciences et technologies marines. |
| Sciences de la Mer & Environnement | IUEM (Institut Univ. Européen de la Mer) | Brest | Pôle majeur (Masters et Doctorats) pour l'étude de la biologie marine, l'océanographie et la protection des écosystèmes. |
| Cas particuliers : Travaux sous-marins | INPP (Institut National de Plongée Prof.) | Marseille | École de référence pour la formation desscaphandrier (travaux publics sous-marins, archéologie, offshore). |
L’ENSM, un cas de prise en charge de la culture maritime
| L'École Nationale Supérieure Maritime ne se contente pas de former le futur personnel | |
|---|---|
| naviguant, elle est aussi un vecteur de la « maritimisation des esprits » et du développement de la | |
| culture maritime. C’est, en tout cas, l’interprétation que nous faisons du quantième axe de leur | |
| contrat d’objectifs4 . Pour infuser ce « sens marin », l'institution s’implique par exemple dans la | |
| construction des projets de Brevet d'initiation à la mer (BIMer), également via le dispositif « Yes | |
| ’ We nsm », initiative portée par la Fondation ENSM visant à créer des équipages transgénérationnels | |
| pour promouvoir ces carrières. Cette volonté de faire rayonner les enjeux maritimes s'illustre aussi | |
| par l'engagement programmé de l'école dans des événements d'envergure, tels que l'Année de la mer | |
| en 2024 ou le Sommet des Nations Unies pour les Océans en 2025. De manière interne, la | |
| transmission de la culture maritime s'appuie sur la valorisation de son riche héritage et de l’« esprit | |
| d'équipage ». L'école prévoit par exemple de financer une thèse de recherche dédiée à sa propre | |
| histoire et d'éditer un recueil des traditions maritimes, distribué aux nouvelles promotions en même | |
de la maritimisation et du développement de l’esprit marin et de la culture marine que de la visibilité de l’école, nous ne voulons pas réduire l’un à l’autre, simplement à rappeler cette nécessaire mise ne perspective.
C / DE L’ÉDUCATION PAR LA SENSIBLISATION
Le premier décalage, d’une cartographie de l’enseignement de la mer à celle de l’enseignement du maritime, soutenait l’idée selon laquelle la maritimisation de l’enseignement ne se juge pas uniquement à la présence de la mer dans l’Éducation nationale, mais également à la manière dont les acteurs du maritime s’attachent à la cultiver à travers l’alimentation de la culture marine. Cette dernière partie finit de justifier la particularité de la démarche de notre rapport, c’està-dire inscrire la sensibilisation comme une démarche pédagogique, afin d’en évaluer les conséquences. Si la cartographie de l’enseignement est devenue plus souple en passant de l’enseignement de la mer à celui du maritime, elle l’est encore plus dans cette dernière partie. Avant d’entrer en matière, remarquons que la « littoralité » des initiatives constituait le fondement du constat du rapport Legohérel. C’est contre cette localisation particulière des initiatives, et vers une globalisation de la présence de la mer et de ses enjeux, que se sont déployées les dispositifs et ressources dont nous avons fait mention. Notre décalage vis-à-vis de ce rapport entend donc reprendre les acquis de la généralisation de l’enseignement de la mer, tout en revenant sur l’interprétation péjorative des incitatives locale. Parce que la généralisation ne peut pas se défaire de toutes les parties qui la compose, nous souhaitons rappeler que c’est par exemple grâce sensibilisation que la culture marine infuse principalement dans l’esprit des plus jeunes élèves des cycles élémentaires. Cette éducation par la sensibilisation constitue selon nous moins une localité particulière qu’il faudrait généraliser, qu’une extension du périmètre éducatif, du périscolaire en passant par les loisirs.
1 / LES INITIATIVES MUNICIPALES ET CITOYENNES
| LA MOBILISATION MUNICIPALE ET CITOYENNNE | |||
|---|---|---|---|
| Initiative / Dispositif | Rôle de la commune | Description et objectifs pédagogiques | Exemples et chiffres clés |
| Aires Marines Éducatives (AME) | Fort soutien municipal pour accompagner la classe "gestionnaire". | Label national (OFB) permettant à une classe d'étudier et de protéger une petite zone côtière. | 2026 : +1 500 aires actives (dont ~450 marines). Pionnier : Vaitahu (2012). Exemples : La Brée-les-Bains (9 ans d'activité), Brest (Moulin Blanc, impact plaisance), Fréjus (Plage de Caouanne, ganivelles), Cayeux-sur-Mer (Grand Gravelot). |
| Classes de mer et parcours pédagogiques | Financement des séjours ou des projets annuels. | Organisation d'interventions dans les écoles primaires (biologistes marins, pêcheurs, associations environnementales). | / |
| Maisons de la Mer | Gestion des espaces d'exposition. | Vulgarisation des enjeux environnementaux locaux : recul du trait de côte, fragilité des écosystèmes, patrimoine maritime. | / |
| Campagne "Ici commence la mer" | Installation de plaques ou de pochoirs urbains près des bouches d'égout. | Dispositif rappelant aux passants que les déchets et mégots jetés à terre finissent dans l'océan. | Dispositif très répandu, y compris dans des villes éloignées du littoral. |
| Sentiers d'interprétation et signalétique | Aménagement des sentiers douaniers et des accès aux plages. | Pose de panneaux explicatifs sur la biodiversité : importance de la laisse de mer, nidification des oiseaux côtiers, protection des dunes. | / |
|---|---|---|---|
| Nettoyage des plages et des ports | Soutien logistique (fourniture de matériel, gestion des déchets évacués). | Opérations de ramassage citoyen incluant souvent un volet de caractérisation des | / |
| Conseils municipaux d'enfants et de jeunes (CME/CMJ) | Accompagnement et encouragement de ces instances. | déchets trouvés. Implication des jeunes élus sur les enjeux environnementaux pour créer des campagnes de sensibilisation par et pour les jeunes. | / |
Étude de cas : l’évolution des dispositifs des Aires Marines Protégées ( AME )
| Aires Marines Éducatives ( AME ) | ||
|---|---|---|
| Période | Nombre de projets | Événement clé |
| 2016 | 1 (Polynésie) | Importation du concept en métropole |
| 2018 | ~50 | Premier séminaire national des AME |
| 2021 | ~250 | Création du label unique "Aires Éducatives », ( dont l’AME est une sous catégories ) |
| 2024 | ~400 | Intégration massive dans le dispositif BIMer |
| Mars 2026 | ~450 | Généralisation dans les "Classes Enjeux Maritimes" |
2 / LES INITIATIVES DES GROUPES DE RECHERCHE
De manière pratique, les instituts de recherche tissent offrent des programmes de sensibilisation aux enjeux maritimes contemporains par la vulgarisation. En voici un inventaire exhaustif.
| Institut / Partenaires | Programmes phares | Description et actions pédagogiques | Public cible & Spécificités |
| Institut Océanographique Paul Ricard | • Le Collège de la Mer (et "Les Primaires de la Mer") • La Mer pour Tous | Immersion concrète dans la biodiversité : étude du plancton au microscope, sorties sur le terrain (herbiers de posidonie). Nourrit souvent les projets d'Aires Marines Éducatives (AME). | Classes locales (région Sud), Primaire et Collège. |
| CNRS & Sorbonne Université (Institut de la Mer de Villefranche) | • Adopt a float • Plankton Planet / Planktomania | Les élèves "adoptent" un robot sous-marin, suivent sa trajectoire en temps réel et analysent ses données. Utilisation de kits et modélisation 3D pour l'étude du plancton. | De la Maternelle au Lycée. Échanges directs avec les scientifiques. |
| Ifremer | • Mon lopin de mer • Ma Mer en Shorts ! | Jeu et parcours pédagogique sur les interdépendances activités humaines / santé de l'océan. Création de courtes vidéos au format smartphone pour interroger les chercheurs. | Particulièrement les 14-18 ans (Collégiens et Lycéens). |
| Fondation Tara Océan (avec CNRS, CEA, CEDRE) | • Plastique à la loupe •Graines de reporters scientifiques | Grand programme de sciences participatives : prélèvements stricts de microplastiques sur les plages envoyés aux chercheurs. Réalisation de reportages validés par des scientifiques (Océan/ Climat). | Collèges et Lycées. Protocole scientifique très rigoureux. |
| MNHN (Muséum national d'Histoire naturelle) et Stations Marines | • Vigie-Nature École (Volet Littoral / BioLit) | Sciences participatives sur l'estran : les classes comptent et identifient les espèces (bigorneaux, algues, crabes) pour alimenter les bases de données de suivi des chercheurs du Muséum. | Tous niveaux scolaires. Action de terrain. |
| Océanopolis Brest (avec l’Université de Bretagne Occidentale, l’Ifremer, et le CNRS) | • Jeunes reporters des arts, des sciences et de l'environnement | Jumelage sur une année scolaire entre une classe et des chercheurs sur une thématique précise (son sous-marin, abysses). Restitution créative lors d'un grand congrès en fin d'année. | Scolaires (principalement en Bretagne). Approche mêlant art et science. |
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Un cas particulier Le Collège de la Mer de l’Institut Paul Ricard ( IPR )
Nous voulons moins faire du « Collège de la Mer » de l’IPR une initiative particulière, visà-vis de celles des autres Instituts de recherche, que l’occasion d’un détail un peu plus précis, afin de mieux comprendre la dynamique locale d’éducation par la sensibilisation. Nous le soutenons, l’intégration des enjeux maritimes par les jeunes générations ne peut dépendre exclusivement sur de l'Éducation nationale ; elle exige l'intervention active et l'expertise d'acteurs scientifiques intimement ancrés sur le territoire. Le programme « Le Collège de la Mer », récemment déployé par l'Institut océanographique Paul Ricard dans le cadre du Contrat de Baie de Toulon et des Îles d'Or, est un exemple précieux la nécessité de ce relai éducatif. En ciblant des collégiens locaux (notamment à Toulon et La Seyne-sur-Mer), l'Institut marque participe de l’extension du périmètre de la pédagogie classique. L’apprentissage prend la forme d'interventions répétées — comme des cycles de trois demi-journées par classe — mêlant apports théoriques et expériences pratiques. Cette approche périscolaire plonge directement les élèves dans l'étude de la rade qui les entoure au quotidien, les sensibilisant à la gestion globale de l'eau, « de la source à la mer ». En confrontant les jeunes élèves à ces écosystèmes pour leur en faire palper la richesse et la fragilité, l'apprentissage se concrétise en une stimulation de la conscience maritime. C'est ce contact direct, immersif et encadré par des chercheurs, qui donne à l’Institut sa devise : « on protège mieux ce que l'on connaît »5 .
PROPOSITIONS
La construction de ce rapport découle du constat d’un manque d’outil pour juger de l’efficacité de ces dispositifs. La cartographie dite « classique », s’attachait à faire l’inventaire de ces dispositifs qui, depuis le début des années 2010, ont été développés suite au constat répétée de l’absence de la mer et de ses enjeux de l’éducation nationale. Le décalage que nous avons opéré visà-vis de cette tradition est double : augmenter cette cartographie classique de deux autres : celle de l’enseignement du maritime en France et celle de l’éducation par la sensibilisation. Justifié par le défaut de la logique qui revient à comprendre la maritimisation des programmes comme une maritimisation effective de la culture de élèves français, ce décalage n’a pas été l’occasion de revenir sur les besoins majoritairement descriptif de l’enseignement, nous n’avons en effet pas porté d’appréciation plus précise sur le mode de l’appréciation. Nous le redisons encore, le tout de l’enseignement excède les limites de l’éducation nationale, surtout lorsque l’objet que l’on cherche à observer est aussi souple et labile que la mer et ses enjeux, la pédagogie des formations spécialisée et la sensibilisation font également montre d’une prise en charge de la maritimisation de l’esprit étudiant.
1 / Le Quizz Marin National
Contre ce manque d’outil, nous proposons l’idée d’un Quiz marin national. Cette proposition est née lors de discussions avec Mrs P.-R. Ambrogi et B. Gori. Notre discussion avait statué sur le format suivant : lors d’une heure de cours, un Quizz marin serait effectué de manière nationale, afin de juger de l’effectivité de la maritimisation au sortir du lycée. Répondant au besoin de données de sondages chiffrées, ce Quiz pourrait affermir un partenariat de l’éducation nationale déjà existant, nous pensons tout particulièrement à la Marine Nationale, soit l’occasion d’en tisser de nouveau avec des instituts de sondages privés.
2 / Structurer un véritable champ universitaire des études maritimes en sciences humaines et sociales
La montée en puissance des enjeux maritimes contemporains rend nécessaire la structuration d’un véritable champ interdisciplinaire des études maritimes au sein de l’université publique française. Si les sciences de la mer, les formations techniques et les approches opérationnelles disposent aujourd’hui d’acteurs identifiés, les sciences humaines et sociales maritimes demeurent encore fragmentées, peu visibles et insuffisamment coordonnées à l’échelle nationale. Il apparaît nécessaire d’encourager la création de chaires, centres de recherche, masters et parcours spécialisés associant droit maritime, droit de la mer, géopolitique, économie maritime, relations internationales, histoire maritime, environnement et gouvernance des océans. Cette structuration pourrait notamment s’appuyer sur des partenariats entre universités, grandes écoles, institutions maritimes, acteurs économiques et administrations concernées.
3 / Renforcer l’enseignement du droit maritime et du droit de la mer
La France doit pouvoir former une nouvelle génération de juristes spécialisés capables de défendre ses intérêts stratégiques, économiques et diplomatiques. Les enjeux liés aux contentieux maritimes, à la souveraineté, aux routes commerciales, aux ressources sous-marines, aux infrastructures portuaires ou encore aux négociations internationales nécessitent une expertise juridique de haut niveau. Le renforcement des formations en droit maritime et droit de la mer apparaît d’autant plus important que plusieurs signaux récents témoignent d’un affaiblissement relatif de ces disciplines dans l’enseignement supérieur public. La fermeture du Centre de Droit Maritime et Océanique (CDMO) de Nantes Université ainsi que l’absence de structuration forte dans le paysage universitaire parisien illustrent cette fragilité.
4 / Développer une coordination nationale des études maritimes
La multiplicité des dispositifs existants témoigne d’un réel dynamisme mais également d’une forte dispersion des initiatives. Une meilleure coordination entre les différents acteurs de l’enseignement maritime et de la sensibilisation aux enjeux océaniques permettrait de renforcer la visibilité, la continuité et la cohérence de cette politique éducative. La création d’un réseau national des études maritimes pourrait permettre de mutualiser les ressources pédagogiques, de faciliter les coopérations universitaires, de favoriser la circulation des enseignants et chercheurs, de renforcer les liens entre secondaire, supérieur, recherche et monde professionnel, ainsi que de donner davantage de lisibilité aux parcours maritimes pour les étudiants.
5 / Renforcer la formation continue des enseignants aux enjeux maritimes
La présence croissante de la mer dans les programmes scolaires suppose un approfondissement parallèle de la formation continue des enseignants. Si plusieurs dispositifs existent déjà grâce aux EAFC, aux partenaires scientifiques ou aux institutions spécialisées, cette dynamique pourrait être amplifiée. Le développement de modules interdisciplinaires consacrés aux enjeux maritimes contemporains, notamment le climat, la biodiversité, la souveraineté, l’économie bleue, la géopolitique, les ressources énergétiques et le droit de la mer, permettrait de consolider la place de la mer dans les pratiques pédagogiques quotidiennes.
6 / Consolider les dispositifs de sensibilisation et d’expérimentation
L’enseignement de la mer ne repose pas uniquement sur les programmes scolaires. Les dispositifs de sensibilisation, les sciences participatives, les Aires Marines Éducatives, les classes enjeux maritimes, les projets associatifs ou les initiatives des instituts de recherche, jouent un rôle majeur dans la diffusion d’une culture maritime auprès des jeunes générations. Il apparaît nécessaire de soutenir davantage ces démarches immersives et territoriales qui permettent aux élèves de faire directement l’expérience des écosystèmes marins, des enjeux littoraux et des problématiques environnementales contemporaines. Cette pédagogie de terrain constitue un levier essentiel de sensibilisation durable.
7 / Faire de la mer un objet transversal de culture générale
La maritimisation de l’enseignement ne peut se limiter à une approche exclusivement scientifique, environnementale ou professionnelle. La mer constitue également un objet historique, politique, culturel et économique majeur. Le développement d’une véritable culture maritime française suppose ainsi de penser la mer comme un sujet transversal traversant l’ensemble des disciplines : histoire, géographie, sciences politiques, droit, économie, littérature, philosophie, sciences et technologie. Cette approche globale permettrait de replacer durablement les enjeux maritimes au cœur de la formation intellectuelle des futurs citoyens, décideurs et responsables publics
Notes
- 1.
Lecoq, T.(18 octobre 2021). Discours prononcé à l’occasion du centenaire de la reconstitution de l’Académie de Marine, cf. Annexe 1.
↩︎ - 2.
Cf, Annexe 6, pp. 11, 12, 15, 18, 21.
↩︎ - 3.
Décret d’application, cf. Bulletin officiel n°37 du 1er Octobre 2020, Annexe 10.
↩︎ - 4.
Cf. Annexe 13.
↩︎ - 5.
À propos de ce dispositif, voir : https://actu-institut-paul-ricard.org/le-college-de-la-mer-sensibiliser-les-citoyens-de-demain-a-la-protection-du-milieu-marin/
↩︎
Informations documentaires
- Type
- Rapport
- Date
- 1er juin 2026
- Auteur
- Hugo Sannier
- Éditeur
- Deep Blue Foundation
- Langue originale
- français
- Document original
- PDF, 167 pages
- Texte intégral
- Transcription partielle du document (voir la mention ci-dessus)




